Les p’tits bouchons

Les p’tits bouchons est un cas typique de startup qui s’est lancé avec un bon point de départ mais un axe erroné en matière d’innovation. Quand des amis se réunissent pour partager du vin pendant deux ans, on peut s’attendre à une innovation collaborative forte. Pourtant, c’est un service de sélection et de distribution qui a émergé. Pas de quoi garantir un mojo durable. Pourtant… Un cas typique de SocioMo

L’expérience de deux ans de partage de vins est un vrai actif culturel. Surtout quand on engage deux cents personnes dans la boucle. La dimension sociale du projet est évidente. Il s’agit de construire autour. Qu’est ce qui réunit ces gens ? Le plaisir, mieux l’enthousiasme de faire partager leurs vins préférés, et derrière LEUR goût du vin… mieux ce qu’il permet de vivre.

Il y a des gens qui sont viscéralement motivés par le fait de partager autour du vin, de vivre des moments étonnants autour du vin et de retrouver un peu d’humanité grâce au digital (qui éloigne souvent). L’activité des p’tits bouchons gagne à être réaligné autour du partage d’expériences autour du vin.

Le défi est donc d’organiser des KickEx autour de la découverte / partage du vin. A la fois pour que les gens découvrent des vins, mais surtout l’émotion que des pairs leur accordent, l’histoire qu’ils ont avec et comment cela les fait accoucher d’une autre personne. Ce sont ces moments qui sont cruciaux pour garantir que l’accès aux Ptits Bouchons est centrée sur la promesse « le vin est un média de partage » et qu’ils permettent de mieux toucher au mojo.

C’est parce que ces premiers temps autour de la marque, ces moments clés sont réussis, qu’ils font vivre des une expérience sociale forte et originale… qu’ensuite un design d’offre peut être construit autour d’un système de  recommandation collaborative. Mais, au contraire d’Amazon qui ne crée pas de mojo entre ses lecteurs, la participation à ces expériences permet de cultiver l’esprit commun du « vin média » et de choisir sa communauté  à l’intérieur de l’ensemble des clients. Et de faire vivre ainsi l’offre collaborative : mieux vivre le temps présent grâce au vin et  à l’expérience des autres.

Cette innovation a un fort potentiel car il existe essentiellement des acteurs qui reposent sur une approche fonctionnelle (service de distribution) et non relationnelle (recommandation et mise en contact). Pourtant le vin est par essence subjectif : il y a des accords sur la qualité de certains vins mais qui ne sont pas partagés par tous. Le vin est par essence une éxpérience subjective.